À cinq mois, un nourrisson ne distribue pas encore de bisous comme on l’imagine, bouche en cœur et moue précise. Pourtant, à cet âge, l’attachement se dit haut et fort, mais différemment. L’enfant explore le monde par le contact, le regard, la voix. Il scrute les visages, recherche la proximité de ses parents et retrouve son calme lové dans leurs bras.
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À 5 mois, comment un bébé manifeste-t-il son affection ?
Le bisou, pour l’instant, reste un mystère à déchiffrer. Mais côté câlins, le bébé sait déjà y faire. Sa manière ? Se lover contre la peau, agripper une manche ou un doigt, se détendre tout entier dès qu’on le serre. Ce ne sont pas encore des gestes calculés, mais le besoin d’être près, de sentir une chaleur familière. Les sourires, eux, s’affinent : ils s’adressent à des visages connus, répondent à des voix douces, s’illuminent à la moindre attention.
Voici quelques formes concrètes par lesquelles un bébé manifeste son attachement à cet âge :
- Il soutient le regard, parfois longuement, avec ceux qu’il aime
- Il réagit aux voix apaisantes et aux éclats de rire
- Il tend spontanément les bras, agrippe, touche le visage avec curiosité
Le terme « bébé câliner » prend ici tout son relief : la proximité physique, la détente dans les bras d’un parent, la façon dont il répond à une présence rassurante, tout cela tisse les premiers liens. À cinq mois, ces moments sont le terreau de la relation affective, bien avant que n’apparaissent les câlins ou bisous au sens strict. Saisir ces signaux précoces, c’est ouvrir la voie à une meilleure compréhension de l’expression émotionnelle chez l’enfant.
Les bisous et les câlins : à quel âge ces gestes apparaissent-ils vraiment ?
Chez le tout-petit, le bisou et le câlin ne surgissent pas d’un coup de baguette magique. Ils s’installent, lentement, dans la routine du développement affectif. Les premiers gestes sont hésitants, parfois brouillons : le bisou sur la joue ou les lèvres, celui qu’on attend, se fait attendre encore quelques mois.
Autour de 8 à 12 mois, la plupart des bébés commencent à imiter intentionnellement les adultes. Le bisou naît souvent d’une bouche grande ouverte posée maladroitement sur la joue d’un parent. Ce balbutiement d’affection marque le passage vers la communication volontaire : le bisou de bébé devient un vrai signe d’attachement, une réponse à l’amour reçu.
Les câlins, eux, ont leur propre tempo. Avant de savoir faire un bisou, l’enfant se montre déjà tactile : il se blottit, niche sa tête dans le cou d’un proche, serre fort le torse de son parent. Ces premiers câlins, plus ou moins appuyés, prennent sens entre 6 et 9 mois, moment où le tout-petit distingue mieux ses figures d’attachement.
Pour mieux comprendre l’évolution de ces gestes, voici ce que l’on observe fréquemment :
- Premiers câlins intentionnels : entre 6 et 9 mois
- Premiers bisous (souvent maladroits, mimés) : autour de 8 à 12 mois
Impossible d’établir un calendrier universel : chaque enfant avance à sa façon, avec ses propres repères, selon les modèles familiaux et les interactions avec l’entourage. Les bisous, caresses et sourires s’affinent au fil des mois, gagnant en nuance et en signification avec la maturité sociale du bébé.
Pourquoi chaque bébé évolue à son rythme dans l’expression de ses émotions
La trajectoire affective d’un bébé n’est jamais un copier-coller de celle du voisin. Un bébé de cinq mois peut déjà rechercher le contact ou, au contraire, observer à distance avant d’oser s’aventurer dans les bras. Tout dépend du tempérament, du climat familial, de la façon dont les parents et la fratrie se montrent présents et attentifs.
Les professionnels de la petite enfance le constatent : il y a autant de rythmes que de bébés. Certains, très tôt, multiplient les gestes de tendresse : main agrippée, tête posée dans le cou, regard qui cherche la proximité. D’autres préfèrent d’abord s’orienter vers le monde, puis, plus tard, se rapprocher pour un câlin.
Plusieurs éléments influencent cette palette d’émotions :
- La part d’hérédité, qui façonne la sensibilité émotionnelle de l’enfant
- Les premières expériences de vie, qui laissent leur trace
- Les réponses des adultes aux signaux envoyés par le bébé
Inutile de comparer ou de s’inquiéter inutilement du rythme d’un enfant. Fille unique, garçon entouré de frères et sœurs, chacun trouve sa voie. C’est la qualité de la présence, la stabilité du quotidien, l’attention portée aux besoins émotionnels qui façonnent l’envie de donner, ou de recevoir, des gestes tendres. Bisous, sourires, câlins : tout cela grandit avec l’enfant, au gré des échanges et des découvertes.
Des idées simples pour encourager la tendresse au quotidien
L’affection ne se décrète pas : elle se construit, à petits pas, dans la vie de tous les jours. Un bébé de cinq mois observe, imite, s’imprègne de chaque geste. Pour nourrir son besoin de contact, rien ne remplace la proximité : le portage, les bras ouverts, les jeux de mains tout simples offrent au tout-petit la sécurité dont il a besoin.
Parfois, les circonstances imposent leurs propres règles. Virus qui circule, port du masque, éloignement temporaire : autant de situations où l’on doit inventer d’autres façons de montrer sa tendresse. Les comptines à chanter, les échanges de regards appuyés, les histoires racontées tout près de l’oreille : autant de chemins pour garder le lien. Les livres adaptés sur le thème des bisous et des câlins, avec leurs illustrations pleines de douceur, éveillent la curiosité et invitent l’enfant à reproduire les gestes qu’il voit.
Quelques pistes concrètes pour encourager l’expression affective :
- Proposer des chansons à gestes et de petites danses pour savourer le plaisir d’être ensemble
- Inviter le bébé à câliner une peluche, puis partager ce moment avec lui
- Valoriser chaque petite tentative : un sourire, une main tendue, un baiser soufflé ; chaque initiative contribue à renforcer le lien et à soutenir le développement affectif
La tendresse s’invite dans les moments les plus simples : un regard complice, une parole rassurante, la présence calme au coucher. Les bisous chez l’enfant s’apprennent par imitation : plus les parents expriment leur affection sans réserve, plus l’enfant s’approprie ces gestes. Le goût du contact, la confiance dans la relation : tout se construit, jour après jour, dans ces petits riens qui font grandir.
Chaque sourire, chaque main tendue, chaque câlin esquissé écrit une nouvelle page de la relation. Et si la tendresse ne se compte pas en bisous, elle se mesure à la chaleur qui circule, silencieuse, entre deux regards complices.


