La corne de la licorne

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corne de licorne mythique

 

Tout comme les sirènes et les dragons, les licornes font partie des créatures mythiques les plus connues au monde. Des représentations artistiques aux tapisseries médiévales, en passant par les affiches et les t-shirts pour enfants, les licornes sont universellement aimées. Nous reconnaissons tous l'image saisissante, mais l'histoire derrière la magnifique bête est tout aussi enchanteresse.

La licorne

La licorne n'est pas née entièrement dans l'imagination populaire. Elle a progressivement évolué à partir de nombreuses sources précoces. Les premiers rapports sur la licorne remontent au IVe siècle, lorsque le médecin grec Ctesias a enregistré des récits exotiques qu'il avait entendus de la part de voyageurs : "Il y a en Inde certains ânes sauvages. Leur corps est blanc, leur tête rouge foncé et leurs yeux bleus foncés. Ils ont une corne sur le front qui mesure environ un pied et demi de long". La corne, ajoute-t-il, est blanche, rouge et noire.

On a longtemps cru que les licornes, comme les sirènes, étaient réelles. Toutes deux étaient basées sur des légendes et des récits de voyageurs dans des régions lointaines. Les licornes ont une riche histoire ayant été discutée par des sommités telles qu'Aristote, Jules César et Marco Polo. La croyance des licornes s'est accrue avec l'invention de l'impression et de la distribution de la Bible. Il mentionne les créatures au moins sept fois dans l'Ancien Testament.

Que signifie la corne sur le front des licornes ?

Selon les légendes qui courent, la licorne est un animal qui a vraiment existé dans les temps anciens. Prenant la forme d’un cheval blanc avec une corne sur le front, cet animal fascine tout comme il intrigue. Cela fait de lui un animal mythologique qui possède une histoire très particulière.

Les légendes, les mythes et les systèmes folkloriques du monde occidental font état de créatures à cornes légendaires qui nous sont connues collectivement sous le nom de licornes. En héraldique, la licorne est le symbole de la nation natale, l'Écosse, car cette "bête fière et hautaine" préfère mourir plutôt que d'être capturée. Les soldats écossais se battent pour rester souverains et invaincus. Si l'on a beaucoup écrit sur la créature mythologique elle-même, on a moins parlé de sa corne, au sujet de laquelle il existe tout un système mythologique.

Pourquoi la licorne a cette apparence ? 

Pour faire simple, c'est une bête avec une seule corne qui dépasse de son front. En Europe, cette "bête" est généralement représentée comme un cheval blanc avec une barbe et une corne semblables à celles d'une chèvre. Il était le protecteur de la forêt dans laquelle il vivait et la vitalité de cette forêt était liée à cette créature. Dans le folklore, on attribuait à la corne de licorne, également connue sous le nom d'alicorne, diverses propriétés curatives. 

Donc, oui, la corne était importante pour les humains. Mais pourquoi les licornes la possédaient-elles ? Quel était son but pour l'animal ? La réponse - nous ne le savons pas, car l'animal est pour beaucoup probablement purement fictif. Ce que nous pouvons faire, c'est plonger dans notre connaissance de la nature et essayer de trouver des animaux qui ont des caractéristiques similaires à celles des licornes et découvrir pourquoi ils possèdent des cornes.

Même dans les jeux vidéo actuellement, la corne de licorne peut être considérée comme un item rare avec des pouvoirs magiques incommensurables. L’idée de prêter des pouvoirs à cette corne ne date pas d’hier. En effet, une des raisons qui pourrait expliquer la disparition des licornes (si l’on considère qu’ils ont un jour réellement existé) c’est qu’elle fut chassée pour leurs cornes. Actuellement, c’est le cas pour les éléphants et les rhinocéros en Afrique. Au moyen âge, les cornes de licornes étaient des ingrédients très prisés par les personnages maléfiques. Puisque selon, ces dernières, elles sont sources de vitalité et de sagesse.  

corne de licorne

Une signification mythique

Selon les anciens, la corne de la licorne est unique et ne sert pas seulement de défense à l’animal. Contrairement à une chèvre  ou aux autres animaux qui possèdent une corne. Elle lui sert surtout à protéger son entourage et son environnement. Selon les cultures européennes du 16e siècle, du 18e et du 19e siècle, la corne de la licorne posséderait des vertus thérapeutiques. D’après les ouvrages de ces époques,  relatant toutes les connaissances sur cet animal mythique, la corne serait faite d’une substance que l’on appelle alicorne. 

La corne valait largement plus que l’or

C’est cette rareté qui fait que cette corne unique est très recherchée et très demandée. Selon les histoires qui se sont léguées de génération en génération, les licornes furent donc chassées pour cette corne. À une époque, des chasseurs ont réussi à se procurer ces trésors. Ils les vendaient aux familles royales. Selon l’histoire, une corne valait largement plus que de l’or. Sa valeur serait dit-on onze fois supérieures à la valeur de l’or. Même si plus tard il fut démontré que ce n’était que des cornes de narval.

Un pouvoir purificateur

  • D’un lac entier

On prête aussi un pouvoir purificateur à cette corne. Au XIVe siècle, il se raconte qu’une corne de licorne a servi à purifier un lac en entier. Selon un récit de Physiologus, ce lac servait de point d’eau pour beaucoup d’animaux. Mais un serpent maléfique gardait l’endroit et y déversait le plus souvent son venin. Pour boire donc, les animaux n’avaient d’autre choix que d’attendre une licorne. Effectivement, dès que la corne de cette dernière touchait la surface de l’eau, le lac redevenait pur et buvable. 

 

Cet effet purificateur va poursuivre la bête dans son histoire. Cela renforcera même un peu plus le mythe et le côté mystérieux de cet animal. Parfois il arrive que l’on recherche spécifiquement une corne de licorne noire. Étant donné qu’une licorne noire est plus rare, ses cornes auraient donc de plus grands pouvoirs que celle des licornes « classiques ».  

  • Purifie l’eau

Dans la plupart des mythes et des traditions folkloriques, le pouvoir de la licorne est concentré dans sa corne, dont on pense qu'elle élimine immédiatement les poisons dès que sa pointe touche un liquide. Les licornes étaient souvent représentées symboliquement par des rivières, des lacs, des sources et des fontaines.

Le pouvoir de la licorne de purifier l'eau a été détaillé dans une interprétation du Physiologus du 14e siècle. Sur un grand lac où les animaux se réunissaient pour boire, un serpent empoisonnait l'eau, mais une licorne faisait le signe de croix avec sa corne pour que le poison devienne inoffensif et que les animaux puissent boire sans danger.

Les mythologues débattent des archétypes enfouis dans ce mythe, mais il est généralement admis que le serpent représente le diable et que la licorne représente le Christ, le sauveur et le rédempteur. La magie de la corne de la licorne, dont les origines remontent à la purification de l'eau, s'est ensuite développée en tant qu'antidote médicinal universel.

Des effets protecteurs et magiques

Tout comme la pierre du Bézoard (une célèbre pierre censée avoir des vertus thérapeutiques), une corne de licorne peut donc servir à guérir des maladies.  Une fois en médecine, la corne de licorne s’est vue affubler de plusieurs propriétés médicinales.  

Un remède contre la rubéole

En plus de purifier les eaux empoisonnées ou polluées, la corne de licorne serait (à l’époque) un remède efficace contre la rubéole. Elle serait aussi efficace contre la rougeole, et les diverses douleurs. Utilisé pendant le moyen âge, les moines s’en servaient comme moyen de conjurer les malédictions et les mauvais sorts. Il parait qu’on peut aussi le réduire en forme de poudre pour guérir rapidement les blessures. 

Propriétés curatives-antidotes virales

Au fil du temps, en plus de prendre soin de l'eau polluée, les cornes de licorne ont été perçues comme ayant de puissantes propriétés curatives en tant qu'antidotes aux virus. Ce qui en a fait l'un des remèdes les plus chers à la Renaissance. Ainsi, elle a été largement utilisée dans les cours royales. Dans le livre d'Odell Shepard des années 1930, The Lore of the Unicorn, elle indique que les cornes de licorne étaient également connues au Moyen-Âge sous le nom d’alicornes.

 

Comment procure-t-on de la corne à l’époque ?

Considérées comme l'un des biens spirituels les plus précieux qu'un roi puisse posséder, les licornes pouvaient être achetées chez les apothicaires jusqu'au XVIIIe siècle et on les trouvait couramment exposées dans des cabinets. Les alchimistes travaillant pour les familles royales et les nobles utilisaient l'alicorne. Ce dernier est surtout utilisé dans leur production de plantes médicinales.

Posologie de l’époque

La corne de licorne était le plus souvent infusée et ingérée pour combattre les symptômes des fièvres et des douleurs. Les moines parisiens la donnaient aux lépreux pour faciliter la cicatrisation de leurs blessures et la prescrivaient aux nobles et aux rois pour lutter contre la peste et neutraliser le venin de scorpion ou de vipère.

Effets immédiats

C'est probablement pour une petite fortune que les membres de la famille royale ont payé pour ces objets rares. Qui a déclenché leur effet placebo et a provoqué certains des cas de guérison signalés. Au XIIe siècle, les écrits médicaux et scientifiques de l'abbesse Hildegard de Bingen recommandaient une pommade contre la lèpre à base de foie de licorne et de jaune d'œuf. Ces écrits disaient que le port d'une "ceinture en cuir de licorne" protégeait une personne de la peste et des fièvres, et prétendaient que les "chaussures en cuir de licorne" éloignaient les maladies des pieds.

Méthode expérimentale

De nombreux auteurs médiévaux de renom ont consacré des ouvrages entiers aux propriétés médicinales de la corne de la licorne. Dont le Traité de la licorne de 1573 d'Andrea Bacci, à ses merveilleuses propriétés et à son utilisation. Et le célèbre chirurgien français Ambroise Paré, dans son Discours sur l'onicorne de 1580, a marqué ce que certains historiens considèrent comme les débuts de la méthode expérimentale.

Les premières mentions de la magie d'une corne de licorne

La première mention d'une corne de licorne a été décrite par Ctesias, médecin et historien grec du 5e siècle av. J.-C. Il croyait que les licornes vivaient en Inde et que leurs cornes étaient des objets magiques. Ils étaient utilisés par les princes indiens "pour fabriquer des hanaps contre le poison". 

Les histoires de Ctésias ont plus tard inspiré les écrits d'Aristote, de Pline l'Ancien et de Claudius Aelianus. Ils ont tous dit des mots sur l'effet de la corne pour se protéger des maladies et des poisons. Ces écrits ont influencé les auteurs du Moyen Âge à la Renaissance, qui considéraient ces créatures comme réelles. Mais tout cela s'est arrêté au XVIIIe siècle, lorsque les navigateurs ont découvert la dent allongée du narval.

 

Exposition de cornes de licorne

La licorne était symboliquement associée à la virginité et elle est devenue le symbole de l'incarnation de Dieu, de l'innocence et de la puissance divine sur Terre. Dans les cercles royaux, les cornes de licorne étaient considérées comme des reliques hautement sacrées. Ils étaient normalement montés sur des socles en argent (la base courte pour un piédestal, une sculpture ou une colonne) et présentés comme des trophées.

  • Dans des ressources historiques

Elles apparaissent également dans diverses ressources historiques, notamment le Concile de Trente en 1563, la cathédrale Saint-Denis à Paris et l'abbaye de Westminster à Londres. Le pape Clément VII a offert une corne de licorne "de deux coudées de long au roi François Ier de France" au mariage de sa nièce en 1533 et le Grand Inquisiteur Torquemada a noté qu'il "portait toujours sa corne de licorne pour se protéger du poison et des meurtriers".

  • On en fait tout un plat

En 1587, le médecin français Ambroise Paré a expliqué que les cornes étaient utilisées "à la cour du roi de France pour détecter la présence de poison dans les aliments et les boissons". On disait que si la corne se réchauffait et commençait à fumer, le plat était empoisonné. 

  • Sceptres et objets sacrés

Les ménages royaux créaient des sceptres et d'autres objets sacrés à partir de cornes de licorne, par exemple le sceptre et la couronne impériale de l'Empire autrichien, le fourreau et la poignée de l'épée de Charles le téméraire. Une corne de licorne rare et tordue, connue sous le nom de "corne", a été offerte à Charlemagne par le calife de Bagdad, Harun al-Rashid, en 807 après J.-C. et est exposée au Musée national du Moyen Âge.


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