Parentalité : rôle et objectifs de l’éducation des enfants

36 % : c’est la part des familles françaises qui citent la transmission de valeurs comme premier objectif éducatif, devant la réussite scolaire ou le respect des règles. Ce chiffre en dit long sur la mutation profonde de la parentalité et sur la place, mouvante, des grands-parents dans l’accompagnement des enfants.

Parentalité aujourd’hui : comprendre les enjeux et les évolutions

La parentalité ne se résume plus à une autorité verticale ni à la simple répétition d’un modèle hérité. Aujourd’hui, elle se façonne au fil des échanges, des compromis, parfois des remises en question, dans un dialogue constant avec la société, le travail, les institutions. Le Comité National de Soutien à la Parentalité l’affirme : être parent, c’est ajuster en continu sa manière d’être, de faire, de transmettre, en fonction d’un environnement en perpétuelle transformation. Les contours de la famille se sont élargis et diversifiés : monoparentalité, recomposition, homoparentalité… Autant de réalités qui interrogent la répartition des rôles, questionnent les frontières de l’autorité et redéfinissent la notion même de foyer.

L’autorité parentale, partagée depuis 1970 en France, a mis fin à l’époque de l’autorité paternelle exclusive. Cette évolution, soutenue par des avancées comme la pilule contraceptive ou l’IVG, a permis aux femmes et aux couples de repenser leur projet familial. À cela s’ajoute la PMA, qui bouleverse à son tour les repères classiques de la filiation. La parentalité se vit alors comme un parcours évolutif, où chaque parent, mère ou père, chemine vers une réelle maturation psychique. Les données de l’INSEE illustrent cette pluralité des modèles familiaux et rappellent combien la présence des grands-parents s’impose désormais comme une évidence. La fonction parentale se réinvente, portée par un équilibre renouvelé entre exigence et bienveillance.

Quels sont les objectifs essentiels de l’éducation des enfants ?

L’éducation ne se plie à aucune recette universelle. Les objectifs poursuivis naviguent quelque part entre transmission de principes, apprentissage de l’autonomie et ouverture à la différence. La parentalité positive, ou éducation bienveillante, mise sur l’écoute, la compréhension et le respect de l’enfant. Elle cherche à accompagner les émotions, à responsabiliser, tout en posant des limites qui structurent, sans pour autant enfermer.

Voici les principaux axes qui structurent les choix éducatifs actuels :

  • Favoriser l’autonomie et la confiance en soi, à l’image des approches de Maria Montessori ou d’Emmi Pikler ;
  • Mettre en avant la coopération et l’entraide, portées par Célestin Freinet ou Ovide Decroly ;
  • Assurer la transmission de valeurs et de repères, mission partagée entre parents et grands-parents ;
  • Encourager l’expression des émotions et la gestion des conflits, comme le propose la parentalité douce ou la parentalité phare conceptualisée par Kenneth Ginsburg.

Les diverses façons d’exercer la parentalité, détaillées par Diana Baumrind, révèlent un jeu d’équilibre entre autorité et permissivité, contrôle et soutien. Certains prônent la rigueur (parentalité tigre), d’autres la liberté (parentalité panda), d’autres encore sécurisent à outrance (parentalité chasse-neige). Chaque style redéfinit à sa façon la place de l’enfant, ses droits, ses devoirs et la nature du lien familial. Transmettre une histoire, des coutumes, offrir un cadre rassurant : voilà le socle sur lequel l’enfant peut grandir, s’épanouir, s’inscrire dans la société.

Le soutien à la parentalité : pourquoi et comment accompagner les familles ?

Exercer la parentalité aujourd’hui, c’est avancer dans un paysage mouvant, entre diversité des structures familiales et attentes éducatives de plus en plus affirmées. Pour de nombreux parents, bénéficier d’un accompagnement structuré devient une ressource précieuse face à la complexité du quotidien.

Les parents sont ainsi de plus en plus sollicités dans la vie scolaire, invités à collaborer avec enseignants et chefs d’établissements. La loi, par exemple, prévoit des rencontres régulières entre familles et écoles, l’accès à un espace parent en ligne et un suivi personnalisé des absences. Tout est mis en œuvre pour renforcer le lien entre la famille et l’école, dans un souci de continuité éducative.

Mais l’accompagnement ne s’arrête pas à la porte de l’école. Il passe aussi par la guidance parentale, les dispositifs de soutien moral ou matériel, des espaces d’écoute et d’échange. Le Comité National de Soutien à la Parentalité définit ainsi l’accompagnement comme un ensemble d’attitudes et de pratiques qui valorisent la diversité des parcours et s’adaptent aux besoins réels des familles. La co-éducation, défendue par le Code de l’éducation, repose sur une collaboration active entre parents, grands-parents et professionnels. Les parents d’élèves disposent de droits individuels et collectifs, participent aux conseils d’école, de classe ou d’administration. S’engager dans le soutien à la parentalité, c’est reconnaître la singularité de chaque famille et ajuster sans cesse les réponses institutionnelles pour une meilleure harmonie collective.

Père et fille plantant un arbre dans le jardin

Grands-parents et éducation : une place singulière dans le parcours de l’enfant

Dans la famille, la présence des grands-parents agit comme une force tranquille, parfois discrète mais toujours déterminante. Leur fonction ne se limite pas à la tendresse ou à la douceur des retrouvailles. Ils incarnent la transmission de valeurs, de traditions culturelles, et d’histoires qui contribuent à façonner l’identité de l’enfant. Par leurs récits, leurs gestes, ils offrent des repères stables, souvent subtils mais structurants.

Ce lien intergénérationnel joue un rôle unique. Les grands-parents apportent un soutien émotionnel réel et, grâce à leur disponibilité, participent activement à l’autonomie et à la confiance en soi chez l’enfant. Selon l’INSEE, près de neuf enfants sur dix en France voient régulièrement au moins un grand-parent. Ce contact régulier crée un espace de parole différent, plus serein, parfois moins normatif que celui des parents.

La co-éducation en sort renforcée. Les grands-parents contribuent à l’équilibre familial, épaulent les parents, prennent le relais en cas de besoin. Leur expérience, forgée par le temps, apporte une vision apaisée face aux enjeux éducatifs d’aujourd’hui. Leur force tient à leur capacité à accompagner sans empiéter, à offrir sans conditions, à être là, présents et attentifs, quand l’enfant en a besoin.

Si la famille se réinvente, la place des grands-parents, elle, reste un point d’ancrage. Leurs histoires, leurs conseils et leur écoute composent un fil invisible, mais solide, entre générations. C’est parfois dans ce dialogue silencieux que l’enfant puise de quoi avancer, grandir et rêver plus loin.